Mayas/Incas/Aztèques

Les Mayas

C'est dans le sud du Mexique, au Guatemala et au Honduras, que la civilisation Maya va développer ses Cités Etats, Tikal, Palenque du roi Pakal, Uxmal, Copan... dominées par leurs pyramides grandioses.Les origines des tribus Mayas les plus anciennes se perdent dans la nuit des temps. Les manuscrits indigènes du 16ème siècle ont oublié l'emplacement du berceau de la civilisation Maya, que ce soit dans le Chilam Balam (écrits dans la péninsule du Yucatan), ou dans le Popol Vuh des Quichés, la branche des indiens Mayas du Guatemala. Et même le premier chroniqueur espagnol des Mayas, le Frère Diego de Landa (1566), n'a pu en mentionner clairement la situation. En tout état de cause, les faits se réfèrent aus Mayas du Yucatan, du Nouvel Empire, et non aux vieux Mayas localisés dans le sud (Chiapas, Guatemala et Honduras), dont la civilisation s'est éteinte quelques siècles avant l'apogée des cités de la péninsule telles que Chichen Itza, Uxmal et Sayil.

Nous savons que dans des temps très reculés, les Mayas vivaient sur le littoral atlantique du Mexique, d'où ils descendirent vers l'Amérique Centrale en remontant l' Usumacinta pour arriver au Peten. Un vieux groupe Maya, Les Huastèques, resta cependant dans le nord, dans la région allant de Veracruz à Tamaulipa. C'est peut être l'expansion des Nahuas qui coupa en deux le peuple Maya en rejetant un groupe au nord et l'autre au sud. Les groupes rejetés vers le sud sont ceux qui développèrent la grande civilisation Maya.

Au commencement de la période historique, ils vivaient dans un triangle délimité par Palenque, dans le Chiapas, Uaxactun, au Guatemala, et Copan, au Honduras, un aire très importante avec des voies de communication très difficiles, au milieu de la Jungle, traversée par de grandes rivières, comprenant le bassin de l'Usumacinta, le peten guatemalteque et les vallés du Motagua et du rio Copan.

En dehors des monuments que les anciens Mayas ont laissé, nous ne savons rien de l'histoire des hommes qui ont fondé Tikal, Palenque et Copan. Mais, si comme nous l'avons vu, il n'y a pas de traces écrites, les monuments sculptés sont éloquents quant à ce sujet. Une des pratique les plus anciennes fut d'ériger des stèles pour commémorer ou marquer des événements historiques; auparavant on érigeait des stèles de façon irrégulière; puis on les érigeait selon une certaine périodicité, généralement à la fin de chaque Katun, période cyclique de 20 ans. Ces dates ont pu être lues grâce à la clé que nous a donné Landa. Les mayas construisaient leur calendrier à partir de la date légendaire de 3113 avant J-C, et ils utilisaient des unités de temps plus importantes telles que le Baktun, période cyclique comprenant 20 Katun (c'est à dire 400 années Mayas, correspondant à 394 de nos années).

 

Légendes mayas

La création du monde

Jadis, il n'y avait sur terre aucun homme, aucun animal, ni arbres, ni pierres. Il n'y avait rien. Ce n'était qu'une vaste étendue désolée et sans limites, recouverte par les eaux.
Dans le silence des ténèbres vivaient les dieux Tepeu, Gucumats et Hurakan. Ils parlèrent entre eux et se mirent d'accord sur ce qu'ils devaient faire.
ls firent jaillir la lumière qui illumina pour la première fois la terre. Puis la mer se retira, laissant apparaître des terres qui pourront être cultivées, où les arbres et les fleurs pousseront. De douces senteurs s'élevèrent des forêts nouvellement créées.

Les dieux se réjouirent de cette création. Mais ils pensèrent que les arbres ne devaient pas rester sans gardiens ni serviteurs.
Alors ils placèrent sous les branches et près des troncs toute sorte d'animaux. Mais ceux-ci restèrent immobiles jusqu'à ce que les dieux leur donnèrent des ordres :
- Toi, tu iras boire dans les rivières. Toi, tu dormiras dans les grottes. Tu marcheras à quatre pattes et un jour ton dos servira à porter des charges. Toi, oiseau, tu vivras dans les arbres et tu voleras dans les airs sans avoir peur de tomber.
Les animaux firent ce qu'on leur avait ordonné. Les dieux pensaient que tous les êtres vivants devaient être soumis dans leur environnement naturel, mais ils ne devaient pas vivre dans le silence; car le silence est synonyme de désolation et de mort.
Alors ils leur donnèrent la voix. Mais les animaux ne surent que crier, sans exprimer une seule parole intelligente.

Attristés, les dieux tinrent conseil puis s'adressèrent aux animaux :
- Parce que vous n'avez pas eu conscience de qui nous étions, vous serez condamné à vivre dans la crainte des autres. Vous vous dévorerez les uns les autres sans aucune répugnance.

Entendant cela, les animaux tentèrent de parler. Mais seuls des cris sortirent de leur gorge et de leur museau. Les animaux se résignèrent et acceptèrent la sentence : bientôt ils seraient poursuivis et sacrifiés, leurs chairs cuites et dévorées par les êtres plus intelligents qui allaient naître.
Les animaux firent ce qu'on leur avait ordonné. Les dieux pensaient que tous les êtres vivants devaient être soumis dans leur environnement naturel, mais ils ne devaient pas vivre dans le silence; car le silence est synonyme de désolation et de mort.
Alors ils leur donnèrent la voix. Mais les animaux ne surent que crier, sans exprimer une seule parole intelligente.

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Les premiers hommes

Les dieux voulurent créer de nouveaux êtres capables de parler et de récolter ce que la terre pouvait leur offrir. Mais ces nouvelles créatures devraient être capables de rendre hommage à leurs créateurs.

C'est ainsi qu'ils formèrent le corps du premier homme avec de la boue. Ils le modelèrent avec minutie, n'oubliant aucun détail.
Malheureusement, le résultat fut déplorable : édenté, les yeux vides, sans aucune grâce, ces poupées ne pouvaient se maintenir debout et se désagrégeaient sous l'eau. Cependant, le nouvel être avait le don de la parole, une voix harmonieuse, jamais entendue dans ce monde. Mais il n'avait pas conscience de ce qu'il disait.
Malgré tout, les dieux décidèrent que ces êtres fragiles vivraient. Ils devraient lutter pour survivre, se multiplier et améliorer leur espèce, en attendant que des êtres supérieurs ne les remplacent.

Les nouvelles créatures furent fabriquées en bois pour qu'elles puissent marcher bien droit sur la terre. Ils s'unirent entre eux et eurent des enfants. Mais ces êtres n'avaient pas de sentiments. Ils ne pouvaient pas comprendre qu'ils devaient le présence sur terre par la seule volonté des dieux.
Ils déambulaient sans savoir où ils allaient, tels des morts vivants. Quand ils parlaient il n'y avait aucune émotion dans leur voix.
Ils vécurent plusieurs années jusqu'à ce que les dieux décidèrent de les condamner à mort : une pluie de cendres s'abattit sur ces êtres imparfaits. Puis l'eau coula tellement qu'elle atteignit les sommets des montagnes les plus élevées. Tout fut détruit.

Les dieux créèrent alors deux nouveaux êtres. Mais ils ne correspondaient pas non plus à leurs espérances. L'oiseau Xecot Covah leur creva les yeux, tandis que le félin Cotzbalam les étripa. Les survivants affrontèrent les accusations de tous les êtres et objets que l'on croyait sans âme; les pierres à moudre, les marmites, les cruches, les chiens, tous se plaignaient des mauvais traitements qu'ils avaient reçus et menaçaient maintenant les hommes.
Ceux ci prirent peur, s'enfuirent, montèrent sur les toits qui s'écroulaient. Alors ils se réfugièrent dans les arbres. Mais les branches se cassèrent. Ils tentèrent de trouver refuge dans les grottes; mais les parois s'effondrèrent.
Les quelques survivants se transformèrent en singes. C'est pour cela que les singes sont les seuls animaux qui évoquent la forme des premiers êtres humains de la terre Quiché.

Alors les dieux se réunirent encore une fois afin de créer un nouvel être fait de chair et d'os, et doué d'intelligence. Cette fois ils se servirent de maïs; ils modelèrent leur corps avec cette pâte jaune et blanche et y introduisirent des bouts de bois pour qu'ils soient plus rigides.

Rapidement, les nouveaux êtres humains firent preuve d'intelligence : ils comprirent le monde qui les entourait. Ces êtres s'appelaient Balam Quitzé, Balam Acab, Ma Hucutah et Iqui Balam.
Alors les dieux interrogèrent le premier d'entre eux :
- Parle en ton nom et celui des autres, et dis nous quels sont tes sentiments. Es-tu conscients de tes pouvoirs ?
Balam Quitzé leur répondit :
- Vous nous avez donné la vie et grâce à cela nous savons ce que nous savons, nous sommes ce que nous sommes; nous parlons, nous marchons et comprenons ce qui nous entoure. Nous savons déjà où reposent les quatre coins du monde, lesquels marquent les limites de tout ce qui nous entoure.

Mais les dieux n'appréciaient pas que les nouveaux êtres sachent autant de choses. Il fallait qu'ils ne connaissent qu'une partie du monde qui les entoure. Seule une partie de ce qui existe leur serait révélée et ils ne devraient pas tout comprendre. Il fallait limiter le champs de leurs connaissances afin de réduire leur orgueil. Sinon leurs enfants percevront encore mieux les réalités du monde jusqu'à en savoir autant que les dieux, et se croire dieux eux-mêmes.
Il fallait remédier à ce danger qui serait fatal pour l'ordre fécond de la création.
Alors les dieux limitèrent le champs de leurs connaissances.

Afin que ces êtres ne soient pas seuls, les dieux créèrent les femmes. Ils endormirent les hommes et placèrent auprès d'eux les femmes, nues et paisibles.
Quand ils se réveillèrent, ils les virent avec joie tant elles étaient belles. Pour les distinguer ils leurs donnèrent des noms qui évoquaient la pluie selon les saisons.
Les couples se formèrent et ils eurent des enfants qui commençaient à peupler la terre.

Certains d'entre eux étaient plus doués que les autres. Pour cette raison les dieux les choisirent pour qu'ils deviennent Adorateurs et Sacrificateurs, des prêtres aux fonctions très élevées.
Les premiers êtres engendrés étaient aussi beau que leur mère, aussi puissants que leur père et surent deviner le mystère de leurs origines.

C'est ainsi que Balam Quitzé et les autres anciens furent les géniteurs des êtres humains qui vécurent, se développèrent et formèrent les tribus du Quiché. Ces premiers hommes se propagèrent sur la terre, dans la région de l'Orient.

Les mathématiques maya

    Le système mathématique est, non pas décimal (c'est à dire de 0 à 9) mais vigesimal (le changement de "dizaine" se fait à 20). (Informatiquement, c'est une base 20). Ils utilisaient une combinaison du 0 sous le signe d'un ovale, le point pour les unités et la barre horizontale pour le 5. L'ensemble des symboles mathématiques permettait, même aux gens privés d'ins- -truction, d'effectuer des additions et des soustractions à des fins commerciales. Selon les Mayas, certains chiffres étaient plus sacrés que d'autres en raison du rôle spécial qu'ils jouaient. Le 20 en faisait partie, car il correspondait au nombre de doigts et d'orteils sur lesquels les humains pouvaient compter.

Les Aztèques

Dans la vallée de Mexico, Les Aztèques vont créer depuis leur capitale Tenochtitlan un puissant empire qui dominera le Mexique et l'Amérique Centrale, jusqu'à l'arrivée des Conquistadors espagnols, menés par Hernan Cortés.

Depuis très longtemps la vallée de Mexico a vu naître et se développer de nombreuses civilisations. L'une d'entre elles s'établit au nord de l'actuelle capitale. Dès le premier siècle avant note ère une immense cité fut bâtie: Teotihuacan, « le lieu où les dieux sont nés ». Cette civilisation vécut jusqu'au huitième siècle. On y vénérait le Soleil, la Lune et de nombreux autres dieux dont Quetzalcoatl, le Serpent à plumes. Teotihuacan influença par son art et son mysticisme toute l'aire de peuplement méso-américain. Puis elle s'effondra mystérieusement, ne laissant aux futures civilisations que les ruines de sa cité fabuleuse à contempler.

Peu de temps après le déclin de Teotihuacan, des barbares chichimèques venus du nord s'implantèrent dans la vallée de Mexico où ils érigèrent leur capitale vers 856 : Tula. Selon la tradition, dix rois-prêtres se seraient succédé jusqu'en 1168, développant ce que l'on allait appeler l'empire Toltèque. Le plus célèbre de ces rois fut Acatl Topiltzin, fils du dieu céleste Mixcoatl et de la déesse de la Terre Chimalman. En 977 il fut élu roi sous le nom de Quetzalcoatl, le Serpent à plumes. Mais une guerre civile allait bien vite opposer les partisans du dieu Tezcatlipoca à ceux de Quetzalcoatl qui s'opposait aux sacrifices humains. Le roi-prêtre fut chassé de Tula et ses fidèles se dispersèrent dans la vallée et s'allièrent avec d'autres tribus Nahuas. Intégrant les tribus nomades venues du nord, Tula se développa jusqu'en 1165, année où la cité fut ravagée par un incendie lors d'une ultime invasion chichimèque. Les toltèques prirent alors la fuite et allaient influencer de nombreuses cités telles que Texcoco, Coyoacan, Azcapotzalco, Culhuacan, Chalca et Xochimilco.Telle était la situation quand au treizième siècle, un groupe de chichimèques venus du nord allait faire son apparition dans la vallée de Mexico. On les appelait les Mexicas ou Aztecas. Ils revendiquaient leur appartenance aux Sept Tribus Nahuas qui seraient sorties du mythique Chicomotzoc, les Sept Cavernes, le lieu où naquit le Monde. Selon la légende, les aztèques vivaient à Aztlan, une île qui se trouveraient près de la frontière des Etats Unis actuels. Suivant les indications de leur dieu tutélaire Huitzolopochtli, ils migrèrent dès 1168 pour aller fonder leur nouvelle capitale. Mais les aztèques arrivaient dans la vallée de Mexico assez tardivement et durent affronter les autres tribus Nahuas qui les considéraient comme indésirable. A partir de 1256 ils occupèrent quelque temps la colline de Chapultepec au bord du lac Texcoco; mais très vite ils en furent chassés par les guerriers d'Azcapotzalco. Ils se réfugièrent alors sur les terres de la cité de Culhuacan qui leur concéda en 1299 un territoire dans la région de tizapan. Mais l'endroit était très hostile, infesté de vipères, et ceux de Culhuacan pensaient ainsi se défaire de leurs hôtes indésirables. Cependant les Aztèques s'adaptèrent à la région et firent des vipères leur nourriture. Puis ils s'unirent avec des femmes de Culhuacan obtenant ainsi une parenté avec cette tribu d'origine Toltèque.

Légendes Aztèques

Le vol du feu

Il y a bien longtemps, on ne connaissait pas le feu, et les hommes devaient manger tous leurs aliments crus. Les Tabaosimoa, les Anciens, se réunirent et discutèrent sur la façon d'obtenir quelque chose qui leur procurerait de la chaleur et leur permettrait de cuire leurs aliments. Ils jeûnaient et discutaient... et voyaient passer au-dessus de leurs têtes une boule de feu qui plongeait dans la mer mais qu'ils ne pouvaient atteindre.

Alors, fatigués, les Anciens réunirent des personnes et des animaux pour leur demander si l'un d'entre eux pouvait leur apporter le feu. Un homme proposa de ramener un rayon de soleil à condition qu'ils soient cinq pour aller à l'endroit d'où sort le soleil. Les Tabaosimoa approuvèrent la proposition et demandèrent que les cinq hommes se dirigent vers l'orient tandis qu'eux, pleins d'espoir, continueraient à prier et à jeûner.

Les cinq partirent et arrivèrent sur la montagne où naissait le feu. Ils attendirent le lever du jour et se rendirent compte que le feu naissait sur une autre montagne, plus éloignée. Ils reprirent donc leur chemin. Arrivés sur la montagne, au nouveau lever du jour, ils virent le feu naître sur une troisième montagne encore plus éloignée. Ils le poursuivirent ainsi jusqu'à la quatrième puis la cinquième montagne où, découragés, ils décidèrent de rentrer, tristes et fatigués. Ils racontèrent cela aux Anciens qui pensaient bien que jamais ils ne pourraient atteindre le soleil. Les Tabaosimoa les remercièrent et se remirent à réfléchir sur ce qu'ils pourraient faire.

C'est alors qu'apparut Yaushu, un Tlacuache savant, et il leur relata un voyage qu'il avait fait vers l'orient. Il avait aperçu une lumière lointaine et il voulut vérifier ce que c'était. Il se mit à marcher durant des nuits et des jours, dormant et mangeant à peine. Le soir du cinquième jour il put voir que dans l'antre d'une grotte brûlait un feu de bois d'où s'élevaient de grandes flammes et un tourbillon d'étincelles. Assis sur un banc un vieil homme regardait le feu. Il était grand et portait un pagne de fourrure, les cheveux blancs et les yeux effroyablement brillants. De temps en temps il alimentait cette "roue" de lumière avec des bûches. Le Tlacuache raconta comment il resta caché derrière un arbre et que, effrayé, il rebroussa chemin avec précaution. Il se rendait compte qu'il s'agissait de quelque chose de chaud et de dangereux.

Quand il eût fini son récit, les Tabaosimoa demandèrent à Yaushu s'il pouvait y retourner et leur en ramener un brin. Le Tlacuache accepta, mais les Anciens et leur peuple devaient jeûner et prier les dieux en leur faisant des offrandes. Ils y consentirent mais le menacèrent de mort si celui-ci les trompaient. Yaushu sourit sans dire un mot. Les Tabaosimoa jeûnèrent durant cinq jours et remplirent cinq sacs de pinole qu'ils donnèrent au Tlacuache. Yaushu leur annonça qu'il serait de retour dans cinq autres jours; ils devaient l'attendre éveillés jusqu'à minuit et s'il mourait, il leur recommanda de ne pas se lamenter pour lui.

Portant son pinole, il arriva à l'endroit où le vieil homme contemplait le feu. Yaushu le salua et ce fut seulement à la deuxième fois qu'il obtint une réponse. Le vieil homme lui demanda ce qu'il faisait si tard dans ce lieu. Yaushu répondit qu'il était l'émissaire de Tabaosimoa et qu'il cherchait l'eau sacrée pour eux. Il était très fatigué et demandait s'il pouvait dormir là avant de reprendre son chemin le lendemain. Il dut le prier beaucoup mais à la fin le vieil homme lui permit de rester à condition qu'il ne touche à rien. Yaushu s'assit près du feu et invita le vieil homme à partager son pinole. Celui-ci en versa un peu sur le bûcher, en jeta quelques gouttes par dessus son épaule, puis il but le reste. Le vieil homme le remercia puis s'endormit.

Alors que Yaushu l'entendait ronflait, il pensait à la façon de voler le feu. Il se leva rapidement, prit une braise avec sa queue et s'éloigna. Il avait fait un bon bout de chemin quand il sentit qu'une bourrasque venait sur lui et il vit, face à lui, le vieil homme en colère. Il le gronda pour avoir toucher et voler une chose qui ne lui appartenait pas; il le tuerait. Immédiatement il saisit Yaushu pour lui enlever le tison mais bien que celui-ci le brûlait il ne le lâcha pas. Le vieil homme le piétina, lui broya les os, le secoua et le balança. Certain de l'avoir tué, il s'en retourna surveiller le feu. Yaushu roula, roula, roula... enveloppé de sang et de feu; il arriva ainsi devant les Tabaosimoa qui étaient en train de prier. Moribond il leur livra le tison. Les Anciens allumèrent des bûchers. Le Tlacuache fut nommé "héros Yaushu". On le voit encore aujourd'hui marcher péniblement sur les chemins avec sa queue pelée.

Tlacuache : Mammifère arboricole
Pinole : Boisson alcoolisée à base de maïs

Le calendrier solaire Aztèque

Astrologie Aztèque

Voici un exemple de l'intégration des connaissances des fonctions du calendrier solaire et stellaire. Clef de la mythologie et du symbolisme de l'Amérique précolombienne, la Pierre du Soleil fut découverte à la fin du XVIII ème siècle dans la ville de Mexico pendant les travaux de construction de la nouvelle cathédrale. Elle se trouve sur la pyramide double de Tenochtitlan, dédiée à Tlaloc, et Huitzilopotchli, dieux de la pluie et de la guerre, mais qui sont en même temps, les dieux de l'Homme nouveau et de la guerre fleurie.
Il s'agit d'une pierre basaltique circulaire de 3 59 m de diamètre, d'un poids de 25 tonnes, sculptée et travaillée avec un art incomparable. Datant de l'époque d'Axayacatl, 6e roi aztèque, elle est sans doute une réplique d'une pierre originale plus ancienne qui se serait perdue dans un lac situé de nos jours à côté du Musée anthropologique de la ville de Mexico.

La Pierre du Soleil, appelée souvent "calendrier aztèque" mais dont le nom véritable est "Cuauhxicalli", ce qui signifie "réceptacle de l'Aigle", est non seulement un calendrier mais aussi une pierre commémorative d'une date sacrée : car, comme les stèles mayas, certaines pierres aztèques rappelaient une fête rituelle célébrée tous les 52 ans : la fête du Feu nouveau. Les Aztèques plaçaient ces pierres dans le Temple Majeur, le Temple double.
En particulier, sur cette Pierre du Soleil était gravée la date du 13 Acatl qui marqua la fête du Feu nouveau en l'année 1479.

La Pierre est composée de 8 cercles concentriques qui forment des couronnes circulaires. Dans le cercle extérieur qui entoure le tout, deux serpents se rejoignent, tête en bas, en crachant, tels deux visages représentant le jour et la nuit (Tonatiuh-Xiutecutli). En tant que 8e mouvement d'inertie, ils fixent les limites du monde visible.

La Pierre du Soleil peut être déchiffrée de deux façons : soit en partant du bord externe, soit du centre. Nous commencerons par expliquer le cercle extérieur qui donne le contexte général, puis nous lirons à partir du centre, cœur du calendrier.

Les deux serpents que nous avons décrits dans le cercle extérieur, ne sont que deux aspects d'une même chose.
Les serpents, 1 un diurne, 1 autre nocturne, figurent le ciel dans tous ses différents aspects. L'énergie était captée par le 8e mouvement. Pour les Aztèques, il s'en dégageait une force particulière :
une énergie venant de l'Univers qui s'incarne dans l'Espace-temps pour entrer en résonance avec la terre. Cette énergie, réunissant les forces de l'Univers et celles des différents cieux, était distribuée par le soleil qui est la source de vie de notre système planétaire.

Dans la Pierre du Soleil, nous retrouvons cette distribution concentrique, à adapter en fonction des planètes, comme l'indiquait le calendrier aztèque. Les 2 serpents divisés en 13 segments (13 cieux) sont l'image de l'Univers qui contient tout. Ils sont le yin et le yang, le jour et la nuit qui nous enveloppent. Ils sont aussi la Voie lactée, la galaxie qui contient notre système solaire parmi tant d'autres. Pour les Aztèques, la Voie lactée représente la force d'expansion la plus grande par rapport à l'homme, avant d'arriver à la Totalité absolue.

L'intermédiaire entre l'Homme et les étoiles est le soleil, centre du système des rapports planétaires et en conséquence, centre de la Pierre du Soleil. C'est ce centre qui capte directement les énergies dont le point de départ se situait à la date du 13 Acatl.

C'est ainsi que le Soleil central (5ème soleil) devient centre de vie en assimilant et diffusant les énergies, tandis que les deux serpents Xiucoatl constituent le cercle formel qui limite et entoure la création.
Le mouvement du centre de la Pierre fait agir le système par son double rôle de captation (polarité - ) et de don (polarité + ).
Cette double polarité produit un mouvement en quinconce, tel un svastika, en créant ainsi les "zones d'influence" ou cercles concentriques. Mais chaque couronne a aussi son mouvement propre dû à sa propre accélération ; cependant les mouvements seront de plus en plus lents au fur et à mesure que l'éloignement du centre est plus important. On arrive ainsi à une immobilité "relative" qui donne l'apparence de la limite fixée par les grandes constellations.

La Pierre du Soleil synthétise le mouvement et le non-mouvement, ce qui est à l'intérieur et ce qui est à l'extérieur afin de réunir le centre et l'extérieur. Cette synthèse résulte du rapport cercle extérieur-centre, qui donne la force centripète, et du rapport centre-cercle extérieur, qui donne la force centrifuge.
En effet ce qui est centre tendrait à émaner (fonction dynamique), ce qui est périphérique tendrait à se fixer (fonction conservatrice), s'ils veulent s'harmoniser et exister.

Les cercles concentriques sont divisés comme suit :

1er Cercle : le Cercle Central, représenté par le visage du Soleil Ollin Tonatiuh et ses deux griffes qui saisissent des cœurs pour se fixer à l'univers. Il est symbole de vitalité et du "mouvement immobile". Sa langue matérialisée par un couteau d'obsidienne, symbolise le sacrifice de soi-même, source de vitalité et de création de la cinquième ère.

2ème Cercle : les bras de la croix ou quinconce sont formés par les glyphes des quatre ères précédentes, liées aux quatre éléments, où apparaissent les dates correspondant à la fin des Eres Cosmogoniques du calendrier :Ce cercle tourne de gauche à droite, suivant le mouvement apparent des étoiles.

3ème Cercle : il est composé des 20 jours du mois et tourne de la même façon que le précédent. L'année civile était composée de 18 mois de 20 jours, qui se liaient avec les 13 mois du calendrier magique. La parfaite correspondance entre les 2 calendriers s'établissait tous les 52 ans, quand les 2 roues du calendrier se retrouvaient à leur point initial. Les 20 jours du mois étaient également liés au Corps humain, dans les traditions maya et nahuatl. Pour les Mayas, l'unité de 20 jours s'appelle Uinal. L'Uinic est l'homme véritable, celui qui incarne ses potentialités. Les 4 pales du deuxième cercle signalent les 4 jours qui ouvrent l'année : Acatl, Tecpatl, Calli, Tochtli.

4ème Cercle : il est formé par les 8 rayons du Soleil et exprime le rapport entre le Soleil et Vénus. Le bouclier du soleil résume ce contact, représenté dans le Codex Borbonicus par la rencontre du jaguar et du chien (mythe de Quetzalcoatl). Sa position intermédiaire indique son rôle de fixateur. Ce cercle est composé de 40 carrés avec des quinconces dans chacun d'entre eux. Rappelons-nous que 5 révolutions de Vénus équivalent à 8 révolutions de la terre(5 x 8 = 40 ; 8 x 365 = 5 x 584). 40 révolutions de Vénus équivalent à 126 révolutions de Mercure avec une différence de 9 jours.
Dans la Pierre du Soleil, les 40 carrés, les 5 points en croix et les 8 cités ci-dessus font référence aux signes de Quetzalcoatl. Les 5 points font allusion à son frère jumeau, Mercure-Xolotl, car 5 révolutions de Mercure équivalent à une révolution de Vénus. Vénus est appelée Quetzalcoatl, Totonametl, Tlahuizcapantecutli, Hun ahau, Hun abou, Kukulcan.

5ème Cercle : il est lié à la planète Mars, dont la révolution synodique de 780 jours équivaut à 260 x 3. Le culte de Tlaloc, l'eau brûlée, est aussi vieux que celui de la lune Tecciztecatl Tezcatlipoca, et plus ancien que celui de Quetzalcoatl. Tlaloc est appelé Xipe sous la forme de Tlatlauquitezcatlipoca, miroir rouge qui fume, Dieu stellaire ; à Copan, nous trouvons un temple représentatif, avec 7 marches, lieu de culte à Quetzalcoatl et à Tlaloc, c'est-à-dire à l'homme interne qui fixe ses principes ignés. De là, vient la relation mystique entre le vent et la pluie. Tlaloc personnifie également les 4 Chacs ou gardiens des angles qui régissaient les pluies ; il ne faut pas seulement comprendre la pluie dans son sens matériel mais également comme précipitation des principes formatifs. Tlaloc est ainsi en rapport avec le principe de génération de la graine qui devient plante. Il s'appelle également "la rosée du ciel", ou "les dons du ciel". Mars était vénéré à l'Ouest comme Balam Zacab et à l'Est comme Cansiemal. Il est cité comme étoile double car il s'approche et s'éloigne de certains monolithes. La planète Mars est donc la grande différenciatrice et séparatrice des mondes, semblable au rayon mystique du feu qui ouvre les eaux primordiales, tel le soc de la charrue qui trace dans la terre des sillons où l'on introduit la graine de la manifestation. Le chiffre 17 est important dans les actes de Mars, car c'est le dernier jour de sensibilité vespérale et le premier jour de sensibilité matutinale.

6ème Cercle : il correspond à la planète Jupiter, le joyau du ciel, à Tezcatlipoca en tant que ciel étoilé et la nuit, Yay Uhqui. Pour les Mexicains, Tezcatlipoca, le Miroir Noir, est profondément lié à Tecciztecatl (la lune) et parfois ils se confondent. Il est sans cesse le rival de Quetzalcoatl puisqu'il refuse de donner le feu. Il apparaît comme Tepeyotl, le cœur du mont (Jaguar) auquel était consacré le mois des Morts, le mois de l'effort et de la sécheresse. Tezcatlipoca était également lié à l'Ourse majeure dont une étoile disparaissait à l'horizon pendant une période de l'année. C'est pourquoi un mythe de Tezcatlipoca raconte que celui-ci perdit un pied avec lequel fut créée la terre. Tezcatlipoca était représenté par des serpents noirs ou blancs selon l'occasion. Son nombre clé était Dans ce 6ème cercle, Tezcatlipoca est composé de 8 pendentifs représentant le carré Vénus-Mars, et de 3 plumes avec le point de Chalchuitlicue ; on trouve le même symbole dans le Soleil, sous forme de 2 carrés, 5 plumes et un point concentrique. Les cercles 5, 6, 7 sont étroitement liés car ils constituent l'unité Mars-Jupiter-Saturne. Saturne et Mars forment deux franges successives qui relient les jours et la Voie lactée. Elles établissent ainsi le rapport entre le monde planétaire et le monde stellaire. Les flèches solaires relient les 4 cercles extérieurs et les 4 cercles intérieurs et touchent de leurs pointes la 8e frange, celle de la Voie lactée.

7ème Cercle : le Cercle de Saturne. Cette frange composée de 28 petits arcs (qui rappellent les vertèbres du serpent) est dédiée à Saturne. En effet, Saturne réalise 28 révolutions synodiques en presque 29 ans tropiques. Dans la moitié de ce temps, on compte 9 révolutions de Vénus. Saturne est le compagnon de Quetzalcoatl et de Tlaloc Xipe. Il est Xiutecutli le Seigneur du Feu, appelé également Huehueteotl et Ixcozauhqui dont la compagne Cihuacoatl (femme serpent) est la sœur de Huitzilopochtli, Dieu de la guerre. Saturne est en liaison avec la guerre de survivance. En tant que Xiutecutli- Ayamictlan, son emblème est le papillon, symbole de la flamme. "La malédiction le transforma en chien" appelé alors Mictlantecuhtli, Dieu des Enfers, lié au glyphe 9 (chien). Ixcozauhqui (Ix : œil, Zauhqui : jaune) est le symbole de l'œil maléfique de Saturne en opposition à l'œil rouge de Mars. I1 était le Dieu lent. Xiutecutli représentait la pluie des étoiles ou la pluie du feu stellaire. II présidait le premier mois (Izcalli).

8ème Cercle : c'est le cercle de la Voie lactée. La Pierre du Soleil est limitée par deux demi-cercles sous forme de deux serpents en flamme, Xiucoatl représentant la Voie lactée. Les deux serpents naissent du hiéroglyphe du 13 Acatl qui indique la date de la célébration du Feu nouveau. Les queues des deux serpents, leurs écailles (12 de chaque côté), leurs têtes représentent les divers cieux. La Pierre du Soleil commémore un cycle de 52 ans, au moment du Feu nouveau (13 Acatl) quand les étoiles indiquent par la constellation des Mamashuastli que la Vie va reprendre. Les étoiles créent ainsi un lien entre l'homme et les phénomènes non seulement agraires mais cosmiques. Cette énergie double se dédouble en deux serpents, qui dessinent l'axe vertical de la pierre entre leurs queues et leurs têtes. Le diamètre horizontal est indiqué par les griffes du Se soleil qui essaient de se fixer au cœur du ciel. Les deux axes créent les 4 directions de l'espace, pointées par les 4 flèches du bouclier solaire. Une représentation confirme la notion de combat perpétuel qui maintient la vie du système. De la gueule des deux serpents cornés (dont les cornes à 7 cercles nous signalent les Pléiades et la Grande Ourse), on voit jaillir les visages de Tonatiuh le Soleil, dans son parcours Est-Ouest (à droite), et de Xiutecutli comme Saturne, le Temps et la Nuit dans son parcours Ouest-Est. Leur interpénétration donne le 8e mouvement.

Les 20 jours du mois, en langues maya et aztèque

  1. IMIX = CIPACTLI = Crocodile : il est en rapport avec le dieu Tonatecutli, dieu de la vie. Il se réfère à l'origine féminine de la vie, au fluide vital. Son hiéroglyphe suggère une mamelle, symbole de la terre-mère, équivalent à Cipactmal, la grand-mère des dieux qui jetait des sorts ou des sorcelleries au milieu du maïs.
  2. IK = EHECATL = Vent : le Dieu Quetzalcoatl. Son hiéroglyphe est un "T", forme simplifiée de la croix de feu. I1 signifie le souffle divin, le vent.
  3. AKBAL = CALLI = Maison : en rapport avec le dieu Tepeyollotl, cœur des montagnes et dieu des grottes, et Tlazolteotl, Dame de la Terre, déesse de la matière, de la mort (spirituelle) et de la vie physique (en rapport avec les accouchements). C'est l'abîme primordial, l'obscurité et l'ignorance.
  4. KAN = CUETZPALLIN = Lézard : lié au dieu de la danse Huehuecoyotl. Sa danse formait le "filet du maïs", en rapport avec la couleur jaune du maïs mûr.
  5. CHICCAN = COATL = Serpent : lié à la déesse Chalchiutlicue, le serpent grand-mère (la déesse de la terre).
  6. CIMI = MIQUIZTLI = Mort : en rapport avec Tecciztecatl, la déesse de la lune. Elle est représentée également par une dent, dans le sens de la vitalité ou de la fécondité.
  7. MANIK = MAZATL = Chevreuil : en rapport avec le Dieu Tlaloc.
  8. LAMAT = TOCHTLI = Lapin : en rapport avec Mayauel, déesse du maguey (agave), il symbolise l'action de se noyer.
  9. MULUC = ATL = Eau : lié à Xiutecutli, divinité abstraite, le feu caché au fond des eaux. Anciennement Mictlan, il est celui qui n'est jamais détruit ni créé.
  10. OC = ITZCUINTLI = Chien ; en rapport avec Mictlantecuhtli, le seigneur des Morts. En rapport avec la 9e Maison d'où il ramènera les os (comme Xolotl) qui permettront la création de la prochaine humanité.
  11. CHUEN = OZOMATLI = Singe : lié au dieu Xochipilli, seigneur des fleurs, des chants et de la joie.
  12. EB = MALINALLI = Herbe : lié à Apatécatl, dieu du vin de maguey, une sorte de Bacchus. Son hiéroglyphe est celui de l'escalier équivalent au jour maya représenté par la tête d'un tigre.
  13. BEN = ACATL = Roseau : en rapport avec Tezcatlipoca-Ixquimili, il est celui qui applique les châtiments.
  14. IX = OCELOTL = Jaguar : lié à Tlazolteotl, il se réfère à la lune et aux magiciens.
  15. MEN = CUAUHTLI = Aigle : lié à Xipe Totec. Prêtre, il est en rapport avec le culte du soleil et avec l'aigle comme symbole de l'Est.
  16. CIB = COZCACUAUHTLI = Vautour : lié à Itzapapalotl, le papillon d'obsidienne.
  17. CABAN = OLLIN = Mouvement : lié à Xolotl, le dieu des Gémeaux, Mercure et Vénus. C'est le mouvement ou tremblement de la conscience dans sa naissance, par la destruction de la personnalité, prison de l'âme.
  18. EZNAB = TECPATL = Couteau de silex : dédié à Chalciutotolin, le paon, sorte de soleil de terre en rapport avec le culte de la lune (la mère) et le sacrifice.
  19. CAUAC = QUIAHUITL = Pluie : en rapport avec Tonatiuh, le dieu du soleil ; Quiahuitl est le mouvement et le retour du soleil avec l'aube. On le traduit également par "nuageux" ou "tempête". Son nom maya est en rapport avec le bruit qui annonce la pluie : uac.
  20. AHAU = XOCHITL = Fleur : dédiée à Xochiquetzal, la déesse des fleurs. Ce signe se réfère également à la première vingtaine, et se représente avec une fleur ou une coquille découpée, qui dans ce cas rappelle le seigneur du Vent, Hunahup, dernier jour du calendrier maya du Sud, jour où celui-ci descendit aux enfers et vainquit les seigneurs de Xibalba. La fleur était le symbole de l'âme et du soleil quand elle avait 4 pétales. C'était le "cœur fleuri". C'était le symbole de la flamme toujours ardente de la Pluie de Feu, comme Xochiquetzalpapalotl, la fleur-oiseau-papillon, de couleur bleu, vert, rouge et or. Les ailes sont bleu turquoise, les yeux sont rouges et les sourcils bleus, en rapport avec Vénus comme déesse 'de l'Amour dans ses deux aspects.

Les vingt jours du mois correspondaient aux sept Corps célestes, donneurs de vie, distribués en triades et diades :

1. Cipactli - 2. Ehecatl... Vénus - 3. Calli - 4. Cuetzpallin - 5. Coatl... Saturne - 6. Miquiztli - 7. Mazatl - 8. Tochtli... Lune - 9. Atl - 10. Itzcuintli - 11. Ozomatli... Mars - 12. Malinalli - 13. Acatl - 14. Ocelotl... Jupiter - 15. Cauhtli - 16. Cozcacuahtli - 17. Ollin... Soleil - 18. Tecpatl - 19. Quihuitl - 20. Xochitl.. Mercure/Mercure/Vénus.

Les Incas

En à peine deux siècles, les Incas vont imposer à partir de Cuzco, la domination de l'Empire du Soleil, qui s'étendra sur une immense partie de la Cordillère des Andes.Vers la fin du XIIIe siècle une petite tribu arrivait, avec bien des difficultés, dans le bassin de Cuzco, dans les Andes du Pérou. La légende raconte que ces indiens « Quechuas » étaient à la recherche de l’endroit idéal pour s’établir. Ils étaient dirigés par Manco Capac et Mama Ocllo sa soeur-épouse. Ils ne devaient fonder leur cité qu’à l’endroit où le bâton d’or de Manco Capac s’enfoncerait. Et c’est ce qu’il arriva. Ils fondèrent la ville de Cuzco, « le nombril » en langue Quechua, et réunirent sous leur autorité les populations qui vivaient dans la barbarie, pour les faire accéder à la civilisation. Manco Capac leur enseigna l’agriculture et l’artisanat et Mama Ocllo inculqua aux femmes l’art du tissage.

En 1511, les conquistadores espagnols sont à Panama. Toujours à la recherche de grandes quantités d'or, des rumeurs selon lesquelles existerait un pays aux richesses fabuleuses, troublent l'esprit des plus téméraires d'entre eux. Les indiens, excédés par la cupidité de ces hommes venus de la mer, tentent d’éloigner leurs bourreaux en leur révélant l'existence d'un " El Dorado " qui hante depuis bien longtemps les conquérants espagnols.

En 1524, un farouche capitaine s'en va explorer les rivages d'une contrée que les indiens nomment "Birú". Mais la forêt hostile et la gigantesque cordillère des Andes forment une barrière qui ne lui permettent pas d'explorer l'intérieur de ces terres nouvelles. Pourtant, en avril 1532, à force d'acharnement, le capitaine Francisco Pizarro à la tête d'une petite armée de 180 hommes met le pied à Tumbes, au nord de l'actuel Pérou.

Depuis tout ce temps, l'activité des espagnols avaient intrigué les indiens. Mais en proie à un conflit qui opposait les deux frères Atahualpa et Huascar pour la domination de l'empire Inca, ils ne se souciaient guère de cette poignée d'êtres étranges montant de drôles d'animaux et de leurs armes qui déclenchaient le tonnerre.

Les Mochicas

Cette civilisation féodale et raffinée s'ancre dans les 800 premiers siècles de notre ère, le long de la côte nord du Pérou. Le nom qu'on lui a donné provient de la petite vallée où coule la rivière Moche, et où on a découvert les sites les plus significatifs. Mais la petitesse de la vallée ne rend pas justice au territoire couvert par ce peuple et à l'immensité de ses réalisations.

Sur un territoire long de plus de 400 kilomètres, incluant la province de Lambayeque où l'on a mis à jour le Señor de Sipán (voir texte principal), les monticules gigantesques de terre surgissent dans les champs, les plaines et même à l'orée des villes actuelles.

De nombreux centres urbains étaient fortement peuplés. Les pyramides de la Pampa Grande, de la province de Lambayeque, rassemblaient une population que l'on estime à 10 000 personnes. En marge des temples et du centre administratif, des habitations simples et aérées constituaient de gros villages.

Les Moche possédaient un vaste réseau routier et une riche agriculture. Ils ont su transformer la terre aride de la côte nord péruvienne en un vert royaume grâce à de vastes réseaux d'irrigation. Leur fertile agriculture se composait de maïs, d'haricots, d'avocats, de piments et même des cacahouètes. Cette diète se diversifiait avec des produits de la mer (crabes, mollusques, crevettes, poissons) et de la viande (lamas, canards, cochons d'inde, etc.)

Cette civilisation maîtrisait la métallurgie, l'orfèvrerie et la céramique. En l'absence d'écriture, les vases portraits témoignent de la vie quotidienne mais surtout des cérémonies religieuses. En trois dimensions, ils donnent à voir de manière très réaliste les guerriers au combat, les prêtres officiant, les esclaves au travail, jusqu'à la torture de prisonniers ou à une sexualité débridée. Et les artisans les produisaient "à la chaîne" en recourant à des moules.

Les joyaux et les objets funéraires en métal précieux et pierreries témoignent d'une brillante maîtrise. Les Moche ont mis au point une technique électrochimique de plaquage de l'or sur différents métaux. Cette innovation, utilisant des minéraux corrosifs en solution, offre le même résultat que le système par électrolyse qui ne sera inventé, en Europe, qu'au 18e siècle.

Mais en dépit de ces innovations technologiques et son raffinement, cette civilisation a disparu, il y a plus de mille ans, sans qu'on sache pourquoi. Deux siècles de décadence et d'innombrables catastrophes naturelles (tremblements de terre, tempêtes de sable, etc.) pourraient avoir eu raison d'une culture qui ne finit plus d'étonner les archéologues.

Organisation et société

 

La société Moche était divisée en classes et hiérarchisée : un puissant seigneur était à la tête du royaume, le pouvoir se transmettant probablement par hérédité. Les classes les plus importantes étaient celles des guerriers, des prêtres et des administrateurs. Venaient ensuite commerçants, artisans et bâtisseurs, puis les pêcheurs, paysans, etc. Le schéma urbain de la ville de Moche, par exemple, est typique de cette organisation, répartissant les habitats par quartier en fonction des classes et de l'importance des classes dépendait la distance à la huaca del Sol (les prêtres, guerriers et administrateurs étaient les plus proches de la huaca).

Durant toute l'existence de la ville de Moche, ses habitants n'ont cessé de construire les deux huacas : à peu près tous les cent ans, le plus haut étage de la huaca de la Luna était condamné, les couloirs comblés et on élargissait la base, construisait un nouvel étage au dessus du précédent, élevant la rampe d'accès, de façon à ce que seul ce nouvel étage soit encore accessible. À la disparition des Moches, la pyramide comptait 6 degrés et environ 600 ans d'existence.

On suppose que le régime de l'État moche était théocratique, le seigneur étant également prêtre. La cohésion de la société, largement dépendante de la force militaire, devait reposer sur une puissante caste de guerriers au service de la théocratie.

 

Technologie

 

Les Moches disposaient d'un haut niveau technologique dans différents domaines, notamment en matière d'irrigation et de métallurgie. Ils avaient réussi à maîtriser le désert grâce à un système d'irrigation ingénieux, en détournant les rivières et construisant des canaux. Ils pouvaient alors développer une agriculture excédentaire, et par-là même des liaisons commerciales avec les autres peuples environnants de la côte, des Andes et même d'Amazonie. Les Moche ont aussi développé des techniques de métallurgie élaborées par rapport aux autres civilisations andines. Ils travaillaient des alliages de cuivre et d'argent, de cuivre et d'or, ou encore du bronze pour fabriquer des objets de décoration, masques et bijoux mais aussi des outils agricoles et des armes. Ils avaient en particulier une technique de dorure du cuivre qui restera plus efficace que les techniques européennes jusqu'à la fin du XVIIIe siècle.

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